Titus, de son vrai nom Patrice Kouyuman, est une figure emblématique du quartier du Panier issue d'une famille arménienne. Ancien membre respecté du milieu marseillais, il se définit aujourd'hui comme un rescapé. Après un passé tumultueux marqué par la violence et la détention, il a opéré un virage à 180 degrés pour devenir intermittent du spectacle. Désormais artiste, producteur et réalisateur, il consacre une grande partie de son temps à l'humanitaire et à l'aide aux jeunes en difficulté.
Son attachement à Marseille est viscéral et se concentre particulièrement sur le Panier, où il a grandi dans la précarité des années 80 et 90. Véritable "enfant du quartier", il a possédé de nombreux commerces sur la place des Pistoles et a activement participé à la transformation du quartier, notamment via la célèbre Fête du Panier. Bien qu'il regrette parfois la perte de certaines traditions populaires face à l'embourgeoisement, il reste fier de l'identité cosmopolite de sa ville. Pour beaucoup d'habitants, il demeure une figure de référence, souvent surnommé officieusement "le maire" du Panier pour sa proximité avec les gens.
Dans cet entretien sincère, Titus revient sur son parcours atypique, de l'ombre des cités aux tapis rouges du Festival de Cannes. Il évoque sans détour ses années de "petit con" rebelle, sa haine passée du système et ses rencontres marquantes en prison, notamment avec Bernard Tapie. L'interview met en lumière sa passion pour le cinéma, ses projets de films mêlant banditisme et comédie, ainsi que son engagement fraternel envers la jeunesse marseillaise. C'est le portrait d'un homme qui, malgré les épreuves et les polémiques comme celle de sa fresque effacée par la police, cherche avant tout la tranquillité et la transmission de valeurs humaines.