Michel Ucciani est un ancien braqueur et ex-militant du FLNC au parcours particulièrement atypique. Au cours de sa "carrière" dans le grand banditisme, il a réalisé environ une centaine de braquages et a connu l'enfermement dans vingt prisons différentes à travers l'Europe. Aujourd'hui reconverti dans l'écriture, il a publié plusieurs ouvrages, dont des romans et des récits sur l'univers carcéral, qu'il a commencé à rédiger lors d'ateliers en détention. Son expérience de vie est marquée par de longues périodes de cavale, notamment après avoir bénéficié d'une remise en liberté par erreur administrative à Paris. Il se définit désormais comme un écrivain et un témoin privilégié des mutations du milieu criminel et pénitentiaire sur les quarante dernières années.
Le lien entre Michel Ucciani et Marseille est profond et multi-générationnel, s'inscrivant dans la tradition de l'immigration corse vers la cité phocéenne. Son grand-père est né au quartier du Panier, et Michel lui-même y a vécu près de vingt ans, résidant dans divers secteurs comme les quartiers nord à Saint-Jérôme. Sa relation avec la ville est également marquée par son passage prolongé à la prison des Baumettes, où il a passé environ six ans et a été témoin de mutineries sanglantes en 1987. Sur le plan criminel, il y a commis un acte marquant : le braquage audacieux du musée de la Vieille Charité pour y dérober trois tableaux de Picasso. Pour lui, Marseille reste la "plus grande ville corse", un lieu où il s'est toujours senti chez lui malgré ses activités illégales.
Dans cet épisode de "Ils font Marseille", Michel Ucciani livre un témoignage sans concession sur sa vie de militant et de braqueur. Il compare l'évolution des prisons entre 1978 et 2018, déplorant la perte de certains codes d'honneur au profit d'une violence plus brute et d'une "jungle" carcérale. L'entretien détaille ses méthodes de braquage, souvent réalisées sans cagoule en utilisant les transports en commun parisiens, ainsi que ses démêlés judiciaires complexes. Il évoque avec émotion ses liens d'amitié avec Yvan Colonna, qui l'avait aidé à s'enfuir lors d'une filature policière à Ajaccio. Enfin, il explique comment il a réussi à éviter une peine de 72 ans grâce à une confusion de peines obtenue in extremis lors d'un procès aux assises.